Convention collective bancaire

44 pages qui gèrent l’avenir du secteur bancaire

12 Juillet 2018 Par Jean-Michel Hennebert
La signature, jeudi, de la nouvelle convention collective du secteur bancaire met officiellement fin à des échanges menés entre partenaires sociaux depuis la fin 2016. (Photo: Mike Zenari)

Les partenaires sociaux ont signé, ce jeudi, le document final de la nouvelle convention collective bancaire qui couvre la période 2018-2020 pour les quelque 26.100 salariés du secteur. Un texte centré notamment sur la notion d’employabilité des salariés.

Si la nouvelle convention collective du secteur bancaire 2018-2020 se veut «moderne», elle aura nécessité près de 30 minutes aux représentants de l’ABBL, mais aussi de l’Aleba, de l’OGBL-SBA et du LCGB-SESF pour être entièrement paraphée en quatre exemplaires. La faute à un document final épais de 44 pages, quelque peu éloigné donc de la promesse initiale de clarté voulue de part et d’autre de la table des négociations.

«Ce document est conséquent, car il a fallu laisser la description des fonctions de l’ancien système, vu que la transcription dans le nouveau ne se fera qu’à partir de 2019», explique Gilles Steichen, vice-président de l’Aleba et principal négociateur côté syndical. Auquel s’ajoute également la description des 51 nouveaux profils de fonction – répartis dans quatre groupes contre six auparavant – qui devront être appliqué dans l’ensemble des 139 établissements bancaires présents actuellement sur la Place.

Donner aux salariés les moyens de suivre le nouveau rythme.

Guy Hoffmann, président de l’ABBL

Adoptée à une majorité supérieure à 85% par les membres des trois syndicats, la nouvelle convention collective bancaire prévoit notamment le renforcement du lien entre la classification et la rémunération, une nouvelle organisation du temps de travail et une réévaluation des budgets de formation.

«Cette question reste la clé pour assurer l’employabilité de nos salariés à l’avenir, car des postes vont disparaître et d’autres vont être créés en lien avec la digitalisation», détaille Guy Hoffmann, président de l’ABBL, qui assure que «les nouveaux métiers seront totalement différents, d’où la nécessité d’accompagner ceux qui n’ont pas cette formation très prononcée dans cette direction et leur donner les moyens de suivre ce nouveau rythme».

Pour tenter de faciliter la transition, le texte prévoit la mise en place d’un comité paritaire chargé de trancher les éventuels conflits entre salariés et direction des banques pour la nouvelle classification. Un exercice que tous annoncent comme «sportif» et qui devrait s’étaler sur plusieurs mois. Quant à la prochaine convention collective, digitalisation oblige, la majorité des signataires actuels plaident pour une validation «via une signature électronique». Annonce à vérifier d’ici 2020, voire 2021.