Sur la période 2018-2021

1,44 milliard d’euros pour l’Uni et la recherche publique

12 Janvier 2018 Par Camille Frati
Marc Hansen/Université du Luxembourg
Marc Hansen: «Le pays investit dans son avenir, dans la matière grise de la jeunesse.» (Photo: Nader Ghavami)

Le ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche, Marc Hansen, a communiqué jeudi les dotations de l’État en faveur de l’Université, des trois centres de recherche publique et du Fonds national de la recherche. Et dévoilé un bonus de performance inédit.

Tous les quatre ans, l’État rebat les cartes de sa dotation à la recherche publique. À l’issue de près d’un an de négociations, le ministre de tutelle a avisé les conventions pluriannuelles du List, du Liser et du LIH, ainsi que le contrat d’établissement de l’Université du Luxembourg. Autant de textes qui doivent maintenant être signés par chaque institut, pour une application immédiate.

«Ces conventions assurent une sécurité aux instituts qui peuvent s’engager sur des projets à long terme», se félicite Marc Hansen, qui qualifie de «montant substantiel» l’enveloppe réservée à la recherche publique — 1,44 milliard d’euros sur quatre ans, répartis entre les cinq instituts visés, soit 25% de plus que sur la période précédente.

766,8 millions d’euros pour l’Uni

Premier bénéficiaire de la dotation étatique: l’Université du Luxembourg, qui percevra 766,8 millions d’euros entre 2018 et 2021, soit 178,24 millions de plus qu’entre 2014 et 2017 (+30%). Un montant qui n’inclut pas les 26,4 millions d’euros dévolus au lancement de la formation en médecine et déjà inclus dans le budget pluriannuel. Année par année, l’Uni sera dotée de 173,54 millions d’euros en 2018, 184,91 millions en 2019, 198,13 millions en 2020 et 210,26 millions en 2021.

Le List (Luxembourg Institute of Science and Technology, ex-CRP Lippmann+Tudor) se voit attribuer une enveloppe de 186,07 millions d’euros, soit 18% de plus qu’entre 2014 et 2017. Les dotations augmentent également d’année en année, de 42,9 millions en 2018 à 50,36 millions en 2021.

Le LIH (Luxembourg Institute of Health, ex-CRP Santé) obtient 149,9 millions d’euros sur quatre ans (+21% par rapport à la période précédente), soit entre 33 et 42 millions d’euros par an.

Le Liser (ex-Ceps/Instead) présente la plus petite dotation, soit 47,07 millions d’euros entre 2018 et 2021 (+13%), avec un budget annuel évoluant entre 11 et 12,6 millions d’euros.

Des moyens financiers sous conditions

Enfin le Fonds national de la recherche se voit octroyer 265,41 millions d’euros entre 2018 et 2021 (+11%), soit entre 64,8 et 69 millions d’euros par an.

«Ces contrats visent à définir le montant de la dotation de l’État, mais aussi les critères, objectifs et indicateurs que les instituts doivent remplir», souligne le ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche.

Ces indicateurs renvoient à l’excellence scientifique (participation aux programmes de recherche européens, publications scientifiques, bourses du Conseil européen de la recherche); la valorisation socio-économique (collaboration avec des entreprises ou des ministères, brevets et licences déposés, spin-off, doctorants financés par des partenariats public-privé); la collaboration «renforcée» entre les institutions (publications conjointes, formation doctorale conjointe, notamment sur les moyens de préserver l’intégrité de la recherche) et enfin l’enseignement et la formation (nombre de doctorats, mobilité des étudiants, etc.)

Le pays investit dans son avenir, dans la matière grise de la jeunesse.

Marc Hansen, ministre délégué à l’Enseignement supérieur et à la Recherche

Des objectifs détaillés institut par institut, qui seront publiés une fois les conventions signées. Sachant que les centres de recherche, le FNR et l’Uni conservent la possibilité de négocier une révision à mi-terme de l’enveloppe étatique si de nouveaux projets le nécessitent.

Marc Hansen a profité de ces négociations pour introduire un nouveau bonus institutionnel lié à la performance, d’un total de 20,5 millions sur trois ans — 4,5 millions en 2019, 7 millions en 2020 et 9 millions en 2021. «Le pays investit dans son avenir, dans la matière grise de la jeunesse», souligne le ministre DP, qui revendique un «signal important pour le pays qui veut préparer les prochaines générations aux défis qui nous attendent».

Présentées jeudi devant la commission de l’Enseignement supérieur et de la Recherche avant l’approbation attendue du conseil de gouvernement la semaine prochaine, les conventions seront signées par les partenaires du ministère d’ici deux à trois semaines.