Rentes des banques

140 millions pour l’État en dividendes bancaires

01 Septembre 2017 Par Jean-Michel Lalieu
L’État luxembourgeois détient en direct 34% des parts de BGL BNP Paribas
L’État luxembourgeois détient en direct 34% des parts de BGL BNP Paribas (Photo: Eric Chenal / archives)

La vente de la Bil à un nouvel actionnaire majoritaire repose la question de la cession des actions que possède l’État. Mais sa présence dans le secteur bancaire est loin d’être anodine. En 2016, la Bil, BGL BNP Paribas et la BCEE ont versé un total de 140 millions d’euros en dividendes à l’État. Soit environ 1% de son budget 2016.

Comme Cargolux il y a quelques années, la Bil passe d’un actionnaire qatari à un chinois. Pour une part du capital nettement plus importante et sans opération de portage, cette fois, de l’État luxembourgeois. Ce qui ne veut pas dire que ce dernier n'est pas concerné.

Lors du dernier montage autour du capital de la Bil, en 2012, le fonds qatari Precision Capital, proche de la famille régnante Al Thani, obtenait 90% des parts. L’État luxembourgeois maintenait, de son côté, une participation significative de presque 10%.

Avec l'entrée de Legend Holdings dans la banque grand-ducale, la position de l’État dans la nouvelle structure reste inchangée. Maintenir une présence au conseil d’administration permet de garder un contrôle sur une entreprise stratégique tout comme garder une part de capital dans le portefeuille d’actions de l’État reste intéressant pour les finances publiques.

Avec une part de 9,992% du capital de la Bil, l’État luxembourgeois détient un peu plus de 200.000 actions pour une valeur récemment calculée de 14,1 millions d’euros. Céder ou pas? A priori, rester est la meilleure chose. En 2016, cette participation a rapporté 6,99 millions d’euros sous forme de dividendes et 5,99 millions en 2015. Soit quasiment la valeur des actions détenues en deux exercices.

Mais il n’y a pas qu’à la Bil que l’État joue son rôle d’actionnaire public. Lors de la crise financière de 2008 qui a provoqué le démantèlement du groupe Fortis, le gouvernement a sauvé l’ancienne BGL de la débâcle en prenant 34% des parts de la nouvelle BGL BNP Paribas. Et là non plus les retours ne sont pas négligeables.

Les 9,5 millions d’actions détenues par le Luxembourg rapporteraient 242,5 millions d’euros – valeur calculée récemment – à l’État en cas de vente. En 2016, grâce aux dividendes versés, elles ont permis d’engranger 62,6 millions, 11 de plus qu’en 2015 (51,5 millions).

À la même époque, l’État luxembourgeois a aussi obtenu 1,033% de l’actionnariat de la banque française BNP Paribas. Une participation qui vaut quelque 823 millions d’euros et a rapporté 34,7 millions en 2016 et 29,7 millions en 2015.

Enfin, la Banque et caisse d'épargne de l'État reste aussi une valeur sûre. Pour les deux derniers exercices, elle a versé à son unique actionnaire un dividende annuel de 40 millions d’euros.