Potentiel de croissance à moyen terme à risque

08 Août 2016
Potentiel de croissance à moyen terme à risque en raison de la faiblesse des investissements des entreprises. (Photo: Banque de Luxembourg Investments)

Alors que la consommation domestique continue de se comporter favorablement, les investissements des entreprises demeurent particulièrement faibles, ce qui met à risque le potentiel de croissance économique à moyen terme aux États-Unis. C’est ce qu’affirment Guy Wagner, chief investment officer de la Banque de Luxembourg, et son équipe dans leur analyse mensuelle, les «Highlights».

La publication du PIB américain du deuxième trimestre confirme la poursuite d’une croissance stable et modérée, mais en même temps de plus en plus fragile de l’activité conjoncturelle. Alors que la consommation domestique continue de se comporter favorablement, «les investissements des entreprises demeurent particulièrement faibles, ce qui met à risque le potentiel de croissance économique à moyen terme aux États-Unis», affirme Guy Wagner, chief investment officer de la Banque de Luxembourg et administrateur directeur de la société de gestion BLI - Banque de Luxembourg Investments, et il continue: «En Europe, les incertitudes politiques n’ont jusqu’à présent pas conduit à un ralentissement de l’activité dont le taux de croissance demeure faible mais positif.» Au Japon, le gouvernement a annoncé un nouveau programme de dépenses publiques afin de faire redémarrer la croissance conjoncturelle. En Chine, les objectifs économiques à court terme sont atteints grâce aux mesures de soutien publiques.

Après le Brexit: la Banque d’Angleterre abaisse son taux directeur

Lors de la réunion du comité monétaire de la Réserve fédérale américaine au mois de juillet, les autorités monétaires ont laissé inchangés les taux d’intérêt malgré la récente amélioration des statistiques économiques et le rebond des marchés boursiers depuis le référendum britannique. «Une deuxième hausse des taux directeurs après celle de décembre 2015 reste toujours fort incertaine en raison de la fragilité de la croissance conjoncturelle. Dès lors, l’aplatissement de la courbe des taux d’intérêt aux États-Unis enregistrée depuis le début de l’année pourrait se poursuivre», pense l’économiste luxembourgeois. En Europe, la Banque centrale continue d’exécuter, comme prévu, son programme de rachat de titres de créances d’émetteurs privés et publics de la zone euro. Et la Banque d’Angleterre a abaissé son taux directeur à 0,25% pour compenser les effets économiques et financiers défavorables du Brexit.

Les bourses ont bien digéré la décision du Brexit

En juillet, la plupart des marchés boursiers ont évolué favorablement. Guy Wagner: «Paradoxalement, la décision britannique de sortir de l’Union européenne a eu un impact positif sur les cours des actions en raison du soutien exprimé par les banques centrales en cas de répercussions économiques et financières défavorables du Brexit.» La récente amélioration des statistiques économiques américaines a également contribué au comportement favorable des actifs à risque. Sur l’ensemble du mois, le S&P 500 aux États-Unis, le Stoxx 600 en Europe, le Topix au Japon et le MSCI Emerging Markets (en USD) ont progressé. En raison des stratégies de soutien des bourses par les banques centrales et du manque d’alternatives, les actions continuent à monter malgré des perspectives économiques peu encourageantes et la multiplication des risques politiques.

L’euro s’apprécie légèrement par rapport au dollar

Sur l’ensemble du mois de juillet, l’euro s’est légèrement apprécié par rapport au dollar. L’amélioration récente des statistiques économiques aux États-Unis avait conduit à un léger renforcement du dollar en début de mois. La décision de la Réserve fédérale de laisser inchangés ses taux directeurs a pesé par la suite sur la monnaie US.