Pas de compromis en ce qui concerne la qualité des entreprises

03 Mars 2016
Quatre questions à Guy Wagner,
 gérant du fonds BL-Global Flexible Euro. (Photo: Banque de Luxembourg)

L’environnement de marché actuel reste
 caractérisé par des taux d’intérêt bas, un
 endettement élevé (en particulier dans les
 pays industrialisés) et d’importantes 
fluctuations de marché. Dans ce contexte, il
 peut être judicieux pour les investisseurs de 
se tourner vers un fonds mixte qui ne soit pas
 soumis à une ligne de conduite prédéterminée 
(défensive, neutre ou offensive) et qui puisse
 investir dans des actions, des obligations et des instruments du marché monétaire, sans restrictions géographiques. Un tel fonds a le potentiel de générer un rendement quelles que soient les conditions de marché, tout en maîtrisant la volatilité. Le BL-Global Flexible Euro, un fonds géré par Guy Wagner, réunit justement toutes ces caractéristiques.

Monsieur Wagner, l’incertitude règne sur le marché des capitaux. Comment positionnez-vous le portefeuille dans ce contexte?


«Nous recourons à un mix de classes d’actifs qui réagissent différemment à l’évolution de la situation économique et financière. Concrètement, nous investissons dans des actions de qualité, susceptibles de profiter d’un environnement de taux bas et d’une croissance économique positive, dans des emprunts d’État américains, à même de réagir favorablement à un ralentissement de la croissance et/ou à une accentuation des tendances déflationnistes, ainsi que dans l’or, afin de protéger le portefeuille contre les risques systémiques.

Qu’entendez-vous par «actions de qualité»? Quelle est leur pondération?

«Il s’agit d’entreprises dotées selon nous d’un profil convaincant: marges d’exploitation élevées, faible niveau d’endettement, forte rentabilité et rendement sur dividende raisonnable (3% actuellement pour l’ensemble du portefeuille). Les entreprises que nous sélectionnons bénéficient d’une marque forte et d’un bon positionnement sur leur marché, à l’instar de Coca-Cola ou de Nestlé. Nous nous intéressons également aux sociétés en avance sur le plan de la technologie ou de l’innovation, telles que Microsoft ou encore Roche, dans le secteur pharmaceutique. Les entreprises disposant d’actifs réels telles que Jardine Matheson ou Jardine Strategic sont en outre attrayantes dans le contexte actuel. La part des actions au sein du portefeuille s’élève actuellement à 68%. De manière générale, nous sommes d’avis qu’il ne faut pas faire de compromis en ce qui concerne la qualité des entreprises.

Le portefeuille affiche une exposition importante aux emprunts d’État américains. Pourquoi?


«La part des obligations au sein du portefeuille s’élève actuellement à 16,5% et se compose d’emprunts d’État américains. Compte tenu du différentiel de taux, les bons du Trésor américain à 10 et 30 ans nous paraissent plus intéressants que les obligations des autres nations industrialisées. Les rendements des bons du Trésor américain d’échéance longue disposeront selon nous encore d’un important potentiel de baisse si les tendances déflationnistes s’intensifient et si la croissance mondiale ralentit.

Il reste un risque, que vous couvrez avec l’or...

«L’environnement économique et le système financier mondial continuent à nos yeux de faire preuve d’une fragilité inhabituelle, alimentée par les méthodes non conventionnelles des banques centrales, dont la crédibilité est de plus en plus remise en question. Face à ce risque de perte de confiance vis-à-vis des gardiens de la politique monétaire, et donc de la monnaie papier, l’or constitue une forme de protection. Nous privilégions, sur ce segment, les sociétés à redevances (Royalty Companies), qui présentent selon nous un modèle d’entreprise supérieur. Elles bénéficient en outre de la baisse des cours de l’or, dans la mesure où elles peuvent acquérir de nouvelles sources de revenus à un prix avantageux.»